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EDITORIAL du Bulletin 102 (mars 2017)
                                               
Pour ouvrir ce bulletin, nous avons tenu à relayer les réflexions du Général d’Armée (2S) Jean Delaunay qui, sous le titre « De la colonisation vue en 2017 », répond à une déclaration récente d’un candidat à l’Election Présidentielle affirmant que « La colonisation a été un crime contre l’humanité ! », propos d’autant plus malheureux que prononcés en Algérie, ce qui ne manquera pas d’avoir des répercussions sur notre territoire national, les sites islamistes faisant une référence récurrente aux « horreurs » de la colonisation, attisant par là, dans nos banlieues, la haine anti-française.

« Colonisation réussie » versus « décolonisation ratée » !  Formule lapidaire à laquelle semble répondre Benjamin Stora, en mettant en perspective, lors de sa conférence à l’IHEDN le 23 janvier 2017, « la question migratoire sous l’angle de la mondialisation depuis 1970-1980…, les immigrations nouvelles en grande partie en provenance du sud de la Méditerranée notamment d’Afrique du Nord et sub-saharienne de type post-colonial, selon le vocabulaire historique, immigration déjà ancienne de 3e ou 4e génération », avec deux explications de leur différence par rapport aux « vagues migratoires européennes » venant historiquement « en renfort de la construction d’une identité nationale française, soit à des fins de reconstruction après les guerres ou pour accompagner l’essor économique ».
D’une part, « la connaissance de l’histoire politique des trois pays maghrébins (concernés) est très faible » et d’autre part, « au sein des familles, il n’y a pas eu de transmission mémorielle. Notamment la perspective de retour au pays ne s’est pas faite et dans ces silences des pères ou grands pères, les récits intégristes se sont infiltrés », d’où des « générations privées de mémoire qui se forgent des mémoires fabriquées particulièrement dangereuses. »
Par ailleurs, « les outils traditionnels d’intégration » que sont « l’école, l’armée, l’engagement politique et syndical sont en crise. »

On pourrait y ajouter l’enseignement de l’histoire nationale. On a en effet beaucoup glosé sur l’enseignement de l’histoire de notre enfance et de son fameux « nos ancêtres les Gaulois » hérités de la IIIe République, mais l’ambition à l’époque était de former des Français, sans distinction d'origine ou de classe sociale, à partir de la France multiple de terroirs proches et lointains, à la différence de l'histoire enseignée actuellement à l’école, qui fait croire à son objectivité au service du progressisme multiculturel. 
Une telle réorientation de l’enseignement de l’histoire contribue à faire disparaitre ce qui fait l’identité nationale française, allant jusqu’à gommer les identités régionales, en les noyant par exemple dans les nouvelles grandes régions actuelles ; ainsi au Salon de l’agriculture, on a constaté la quasi repliques de montres rolex dissolution de l’Alsace dans un espace unique Grand Est… déplorée par exposants et public, y compris sur le plan commercial…
C’est sur ce constat de carence, d’ignorance voire de manque de rigueur intellectuelle, notamment sur le terrain de l'histoire du XXe siècle, que le Lt-Colonel (H) Bernard Cabanes nous livre son témoignage de jeune résistant puis de journaliste, sur « L’histoire contemporaine ignorée ».

Le Général Mainguy, notre président d’honneur, nous livre ses réflexions sur les sujets d’actualité sensibles, touchant aussi bien la géopolitique que les affaires militaires. Il revient en particulier sur le problème de  « L’eau, matière première stratégique », future source de conflits.
Le CERD a évoqué ce sujet à plusieurs reprises dans ses bulletins et a publié une étude intitulée « L’eau douce, enjeux techniques et géopolitiques mondiaux », qui est disponible sur commande.

Nous avons également décidé de publier la lettre que Jean Abras, ingénieur du nucléaire, a adressée au Canard Enchaîné, en réponse à un article sur le coût des déchets nucléaires.
Ses arguments rejoignent les études effectuées depuis des années par notre commission scientifique, sous la direction de son Président, Pierre Clarenne, Ingénieur en chef de 1ère classe (aujourd’hui malheureusement décédé), attachée à analyser le problème de l’avenir des ressources énergétiques robes d'été en France. Cette commission concluait : « Il est possible qu’un grand nombre de citoyens se prononcent de bonne foi pour une sortie du nucléaire sans en mesurer les conséquences : augmentation du coût et risque de pénurie d’électricité… auxquels s’ajouterait l’abandon d’une activité que le monde émergent nous envie.


Selon la DGEMP « L’énergie en France », la sortie du nucléaire coûterait chaque année une dizaine de milliards d’euros pour acheter le gaz nécessaire et payer les droits d’émission de CO2 correspondants. Le KWh coûterait environ 30% de plus et la valorisation d’EDF perdrait au moins 15 milliards d’euros.
          Mais pour en mesurer ces conséquences, encore faudrait-il que le public appelé à décider soit honnêtement informé. Les antinucléaires militants cherchent en effet à créer une phobie dans l’opinion pour tout ce qui touche au nucléaire. »

Bonne lecture !
                                                                                                     
                                                                                                              Gilles SCHMIDT-LISSARRAGUE
                                                                                                                     Président du CERD